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Litige syndic

Contester une décision d'assemblée générale de copropriété

Mis à jour le 20 juillet 2026

Une décision votée en assemblée générale des copropriétaires peut être contestée en justice si elle a été prise sans respecter les règles. Mais tous les copropriétaires ne peuvent pas le faire, et pas à n'importe quel moment : la loi limite à la fois les personnes concernées et le délai.

Vous êtes concerné si

  • Vous étiez titulaire d'un droit réel sur un lot au moment de l'assemblée générale — propriétaire, ou par exemple usufruitier.
  • Vous avez voté « contre » une résolution qui a été adoptée, ou « pour » une résolution qui a été rejetée (vous êtes opposant).
  • Ou bien vous étiez absent lors du vote de cette résolution et personne ne vous représentait (vous êtes défaillant).
  • Vous contestez bien une question qui avait été soumise à la délibération et au vote de l'assemblée.
  • Il s'est écoulé moins de 2 mois depuis que le syndic vous a notifié le procès-verbal de l'assemblée.
  • Ou bien le syndic ne vous a jamais envoyé le procès-verbal — dans ce cas le délai pour contester est de 5 ans.

Qui peut contester

Une décision d'assemblée générale peut être contestée par un copropriétaire qui, au moment de l'assemblée, était titulaire d'un droit réel sur un lot : propriétaire, usufruitier, etc. Le seul fait de ne pas être d'accord ne suffit pas : ce qui compte, c'est la façon dont vous vous êtes comporté lors du vote.

  • Opposant — vous avez voté « contre » une résolution finalement adoptée, ou « pour » une résolution qui a été rejetée.
  • Défaillant — vous étiez absent lors du vote et personne ne vous représentait ce jour-là.

Le statut d'opposant s'apprécie résolution par résolution. Autrement dit, vous pouvez être opposant sur une résolution et pas sur une autre : vous ne pourrez alors contester que la première.

Cas particulier : si vous étiez défaillant ou opposant sur l'ensemble des résolutions, vous pouvez demander l'annulation de l'assemblée générale dans son entier, et pas seulement d'une décision isolée.

Le délai : 2 mois ou 5 ans

L'action en justice doit être engagée dans un délai de 2 mois à partir du jour où le syndic vous a notifié le procès-verbal de l'assemblée. Si le syndic ne vous a jamais envoyé ce procès-verbal, le délai pour contester est de 5 ans.

Si la contestation n'est pas engagée dans les délais, la décision devient définitive et s'impose à tous — même si elle a été prise de façon irrégulière ou illégale.

C'est pourquoi il vaut mieux noter la date à laquelle le syndic vous a notifié le procès-verbal : c'est à partir d'elle que courent les 2 mois.

Où et comment agir

La contestation se porte devant le tribunal judiciaire du lieu où se situe l'immeuble. La source ne prévoit pas d'autre voie.

L'accompagnement par un avocat est ici obligatoire. C'est lui qui fait délivrer une assignation à l'encontre du syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic.

  1. Vérifiez si vous êtes opposant ou défaillant sur la résolution que vous voulez contester.
  2. Repérez la date à laquelle le syndic vous a notifié le procès-verbal : c'est d'elle que dépend le délai.
  3. Prenez un avocat : sans lui, il n'est pas possible d'engager une telle action.
  4. L'avocat fait délivrer l'assignation contre le syndicat des copropriétaires, représenté par le syndic, et saisit le tribunal judiciaire du lieu de l'immeuble.

Sur quoi peut porter la contestation

Les motifs de contestation peuvent être très variés. La source donne notamment les exemples suivants.

  • Irrégularités dans la convocation de l'assemblée : délai, contenu de la convocation, convocation par une personne sans qualité pour le faire.
  • Irrégularités dans la composition de l'assemblée : vote par des personnes sans qualité, absence de désignation d'un président de séance.
  • Non-respect des règles de majorité applicables à la résolution.
  • Vote sur une question qui n'était pas inscrite à l'ordre du jour de l'assemblée.

Il suffit de démontrer que les règles prévues par la loi — sur l'organisation de l'assemblée, son fonctionnement ou la décision elle-même — n'ont pas été respectées.

La source le précise expressément : pour contester une décision prise en méconnaissance de la loi, il n'est pas nécessaire de justifier d'un préjudice particulier.

Ce que change l'annulation

En principe, si le tribunal annule une décision ou l'assemblée dans son entier, elle est considérée comme n'ayant jamais existé. Cela vaut pour tous les copropriétaires, y compris ceux qui n'ont pas agi en justice.

L'annulation ne dispense toutefois pas les copropriétaires de leur obligation de régler les charges de l'immeuble.

De même, si c'est la désignation du syndic qui est annulée, les actes qu'il a passés avec des tiers de bonne foi restent valables.

Termes français que vous rencontrerez

assemblée générale des copropriétaires
l'assemblée générale des copropriétaires de l'immeuble — l'organe qui prend les décisions sur les parties communes
copropriétaire opposant
copropriétaire qui a voté « contre » une résolution adoptée, ou « pour » une résolution rejetéeCe statut s'apprécie résolution par résolution, pas pour l'assemblée dans son ensemble.
copropriétaire défaillant
copropriétaire qui était absent au vote et n'était pas représenté
procès-verbal d'assemblée générale
le compte rendu officiel de l'assemblée généraleC'est à partir de sa notification par le syndic que court le délai de 2 mois pour contester.
syndic
gestionnaire de la copropriété : il notifie le procès-verbal et représente le syndicat des copropriétaires
syndicat des copropriétaires
l'ensemble des copropriétaires de l'immeuble — c'est contre lui que l'action est dirigée
tribunal judiciaire
le tribunal compétent, celui du lieu où se situe l'immeuble
assignation
l'acte qui engage l'action et est délivré à l'adversaire ; c'est l'avocat qui la fait délivrer
ordre du jour
la liste des questions prévues au vote de l'assembléeVoter sur une question absente de l'ordre du jour est cité par la source comme un motif de contestation.
usufruitier
personne qui a le droit d'utiliser un bien appartenant à autrui ; elle a aussi un droit réel sur le lot
charges
les sommes dues par chaque copropriétaire pour l'entretien de l'immeubleL'annulation d'une décision d'assemblée ne supprime pas l'obligation de les payer.
Source : service-public.gouv.fr

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