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Litige de voisinage

Plantations près de la limite du terrain : distances, hauteur, litige avec le voisin

Mis à jour le 20 juillet 2026

Une haie, un arbre ou des bambous peuvent être plantés près de la limite avec le terrain voisin, mais en respectant une distance et une hauteur. Des règles à part s'appliquent à l'entretien des plantations en limite de propriété et à la cueillette des fruits et des fleurs. Voici ce que dit à ce sujet la fiche officielle service-public.

Vous êtes concerné si

  • Vous prévoyez de planter sur votre terrain un arbre, un arbuste, une haie ou des bambous près de la limite avec votre voisin.
  • Une plantation pousse déjà près de la limite et vous voulez vérifier si elle respecte les règles de distance et de hauteur.
  • Votre voisin exige que vous arrachiez la plantation ou que vous réduisiez sa hauteur.
  • Les branches de votre arbre débordent sur le terrain voisin, ou des racines et des ronces empiètent de son côté.
  • La haie ou le mur entre vos deux terrains est mitoyen et vous ne savez pas qui doit le tailler.
  • Vous ne savez pas à qui appartiennent les fruits et les fleurs d'une haie mitoyenne ou d'un arbre dont les branches débordent chez le voisin.
  • Vous êtes propriétaire d'un terrain que vous louez, et la plantation litigieuse a été faite par votre locataire.

Vérifiez d'abord les règles locales

La distance à respecter par rapport à la limite peut être fixée par des règles locales : des règlements particuliers ou des usages locaux. Pour les connaître, renseignez-vous auprès de la mairie de votre commune.

Les distances générales de 2 mètres et de 0,5 mètre ne s'appliquent qu'en l'absence de règles locales. Si votre commune a son propre règlement ou un usage local, c'est lui qui prime. Le premier réflexe est donc de demander en mairie, pas de sortir le mètre ruban.

Distances et hauteur selon la règle générale

En l'absence de règles locales, la distance minimale par rapport au terrain voisin dépend de la hauteur de votre plantation.

  • Hauteur supérieure à 2 mètres : la distance minimale jusqu'à la limite du terrain est de 2 mètres.
  • Hauteur de 2 mètres ou moins : la distance minimale jusqu'à la limite est de 0,5 mètre.
  • Les végétaux plantés à plus de 2 mètres de la limite ne sont soumis à aucune restriction de hauteur.

La hauteur se calcule depuis le sol jusqu'à la cime. La distance, elle, se mesure à partir du milieu du tronc, et non du bord du feuillage.

Respecter ces règles n'exclut pas qu'une plantation cause un trouble anormal de voisinage, par exemple à cause de l'ombre qu'elle projette sur le terrain voisin. Dans ce cas, la fiche conseille de discuter avec votre voisin pour trouver un compromis : élagage, taille régulière, voire abattage si nécessaire.

Si les limites exactes entre votre terrain et celui du voisin ne sont pas connues, il peut être utile de faire réaliser un bornage de terrain. Sinon, on n'a rien de fiable à partir de quoi mesurer la distance.

Plantations le long d'un mur mitoyen

Vous pouvez planter des arbres, des arbustes et des arbrisseaux directement contre un mur mitoyen, sans avoir à respecter de distance minimale.

Mais ces plantations ne doivent pas dépasser la hauteur du mur, c'est-à-dire sa crête. Les plantations guidées le long du mur (fixées pour pousser à plat) peuvent, elles, être installées juste contre lui, contrairement aux plantations classiques qui doivent être éloignées de la limite.

Si le voisin exige l'arrachage ou la réduction de hauteur

Votre voisin a la possibilité d'exiger que la plantation soit arrachée ou réduite à la hauteur légale. La fiche indique trois cas où vous pouvez vous opposer à cette demande.

  • Vous avez un titre, c'est-à-dire une convention écrite qui vous autorise à conserver la plantation en l'état.
  • Vous pouvez invoquer la destination du père de famille si la plantation existait déjà sur le terrain avant que celui-ci ne soit divisé.
  • Vous pouvez invoquer la prescription trentenaire si la plantation dépasse la hauteur légale depuis plus de 30 ans. Ce délai court à partir du jour où la plantation a franchi la hauteur autorisée pour sa distance à la limite du terrain voisin.

En dehors de ces situations, votre voisin est en droit d'exiger l'arrachage ou la réduction de la hauteur de la plantation. La fiche conseille de commencer par chercher un compromis avec lui.

Si vous ne parvenez pas à vous entendre

Si aucune solution n'est trouvée, votre voisin doit vous adresser un courrier recommandé avec accusé de réception : il y signale la gêne et vous rappelle la réglementation. Un modèle existe pour rédiger ce courrier.

Si le litige perdure, il est possible de recourir à une démarche amiable. La fiche en distingue trois formes.

  • La conciliation : procédure gratuite.
  • La médiation : gratuite ou payante, selon les dispositifs en vigueur.
  • La procédure participative : payante, avec recours à un avocat.

La tentative de démarche amiable est une étape obligatoire avant tout recours devant le juge. En cas d'échec, votre voisin peut saisir le tribunal du lieu où se situe le terrain.

Le recours est dirigé contre vous en tant que propriétaire du terrain, même si la plantation litigieuse a été faite par votre locataire.

Entretien : qui taille quoi

Tout dépend de si la plantation est mitoyenne ou si elle vous appartient en propre (privative).

Plantation mitoyenne, par exemple une haie sur la limite : l'entretien est à la charge de votre voisin et de vous-même, chacun taille son côté. Il est conseillé de tailler les deux côtés en même temps. Vous ne pouvez supprimer la plantation mitoyenne jusqu'à la limite de votre propriété que si vous construisez un mur sur cette limite.

Plantation privative, par exemple votre arbre : si ses branches avancent sur le terrain du voisin, c'est à vous de les couper. Votre voisin peut vous obliger à le faire, mais il n'a pas le droit de couper vos branches lui-même.

Pour les racines et les ronces, la règle est différente : celles qui empiètent sur son terrain, votre voisin peut les couper librement, et ce droit est imprescriptible. Il doit toutefois couper exactement à la limite de sa propriété.

À qui appartiennent les fruits et les fleurs

Là encore, tout dépend de si la plantation est mitoyenne ou privative.

Les produits des plantations mitoyennes, fruits et fleurs, appartiennent pour moitié à votre voisin et à vous-même. Leur cueillette doit être réalisée à frais communs : la main-d'œuvre, le matériel et l'organisation sont assumés par vous deux. Cela vaut quelle que soit la manière dont les fruits ont été récoltés.

  • Chute naturelle : les fruits tombent d'eux-mêmes.
  • Chute provoquée, par exemple en secouant l'arbre.
  • Cueillette directe sur l'arbre.

Si la plantation vous appartient en propre, votre voisin n'a pas le droit de cueillir les fruits et les fleurs de votre arbre, même sur les branches qui débordent chez lui. En revanche, il peut ramasser librement ceux qui tombent naturellement sur son terrain.

Termes français que vous rencontrerez

limite séparative
la limite qui sépare votre terrain de celui du voisin : c'est à partir d'elle qu'on mesure la distance minimale
usages locaux
coutumes locales en matière de plantationsAvec les règlements particuliers, ils peuvent fixer une distance différente des 2 m et 0,5 m généraux. À vérifier en mairie.
bornage de terrain
opération qui fixe officiellement les limites exactes du terrain
cime
le sommet du végétal ; la hauteur se compte du sol jusqu'à elle
mur mitoyen
mur commun aux deux terrains
crête du mur
le haut du mur, son sommetLes plantations installées contre un mur mitoyen ne doivent pas dépasser cette hauteur.
plantation mitoyenne
plantation en limite dont l'entretien et la propriété sont partagés entre les deux voisins
trouble anormal de voisinage
gêne excessive causée au voisin, par exemple l'ombre projetée sur son terrainIl peut exister même lorsque la distance et la hauteur sont respectées.
titre
convention écrite qui vous autorise à conserver la plantation en l'état
destination du père de famille
motif pour s'opposer à la demande du voisin, si la plantation existait déjà avant la division du terrain
prescription trentenaire
prescription de trente ans : la plantation dépasse la hauteur légale depuis plus de 30 ansLe délai court à partir du jour où la plantation a franchi la hauteur autorisée pour sa distance à la limite.
courrier recommandé avec accusé de réception
lettre recommandée avec accusé de réception : le voisin y signale officiellement la gêne
Source : service-public.gouv.fr

Information documentaire officielle, pas un conseil juridique. Vérifiez l'actualité sur le site source.